Avant le doctorat : ce qu'il faut savoir

Qu'est-ce qu'un doctorat ?

Le doctorat est le plus haut diplôme universitaire, reconnu dans le monde entier (on parle de PhD ou DPhil dans les pays anglophones). C'est aussi le seul diplôme qui exige, en plus de l'acquisition de connaissances existantes, de faire progresser ces connaissances par des travaux de recherche originaux.

Il s'obtient après la soutenance d'une thèse devant un jury, suivie d'une prestation de serment d'intégrité scientifique. La thèse doit apporter une contribution inédite à son domaine et situer les travaux dans le contexte scientifique international.

Deux grands systèmes dans le monde

En Europe, le système LMD (Licence-Master-Doctorat) prévoit une thèse de 3 à 4 ans après le Master ; en Amérique du Nord notamment, le système Bachelor-PhD prévoit une thèse de 5 à 6 ans après le Bachelor.

Le doctorat en France

La formation doctorale — une formation « à et par la recherche » — dure de 3 à 6 ans selon qu'elle est suivie à temps plein ou à temps partiel (notamment pour les professionnels en activité). Elle apporte une dimension internationale, constitue une véritable expérience professionnelle de recherche et ouvre des perspectives de carrière dans tous les secteurs, publics comme privés.

Pour s'inscrire en doctorat, il faut être titulaire d'un master (ou équivalent) et démontrer son aptitude à la recherche. La première inscription peut suivre directement un master (formation initiale) ou intervenir après une expérience professionnelle.

Quelques chiffres clés

  • 113 établissements d'enseignement supérieur accrédités à délivrer le doctorat en France
  • 292 écoles doctorales, dont la moitié co-accréditées par au moins deux établissements
  • 43 collèges doctoraux organisant la politique doctorale sur un site
  • 140 000 chercheurs et enseignants-chercheurs encadrant des doctorants
  • 69 600 doctorantes et doctorants en 2025, dont 16 500 en 1ère année
  • 3 500 unités de recherche accueillant leurs travaux

La formation doctorale, les essentiels

Comment s'organise la formation doctorale ?

En France, la formation doctorale est organisée par des écoles doctorales reconnues, au sein d'établissements accrédités pour délivrer le doctorat, après une évaluation nationale indépendante.

Elle est structurée en écoles doctorales (disciplinaires, thématiques ou pluridisciplinaires), elles-mêmes regroupées au sein de collèges doctoraux ou d'autres structures comme les écoles universitaires de recherche (EUR). Chaque étape, de l’admission à la soutenance, allie recherche, formations complémentaires et encadrement personnalisé, pour aboutir à un diplôme reconnu et à l’acquisition de compétences de haut niveau qui permettent d'exercer une activité professionnelle dans tous les domaines d'activité, dans le secteur public aussi bien que dans le privé.

Qui sont les acteurs d'un doctorat ?

Quatre acteurs sont systématiquement impliqués :

  • La doctorante ou le doctorant : mène les travaux de recherche originaux et se forme à et par la recherche.
  • La directrice ou le directeur de thèse : assure un encadrement scientifique personnalisé tout au long du doctorat.
  • Le laboratoire : lieu et collectif de travail, environnement scientifique et matériel.
  • L'école doctorale : organise l'admission, la formation, le suivi et la soutenance.

Selon le sujet et le profil du candidat, d'autres acteurs peuvent intervenir : l'employeur, un ou plusieurs organismes financeurs, une université étrangère (cotutelle internationale ou mobilité), des partenaires du monde socio-économique, d'autres chercheurs collaborant au projet en France ou à l'étranger, ou encore des participants au projet de recherche (par exemple comme sujets d'expérimentation).

Des parcours adaptés à chaque profil

  • Formation initiale : pour un projet doctoral mené dans la continuité d'un master ou d'une autre formation donnant le grade de master, ou éventuellement après une année de césure.
  • Cotutelle internationale de thèse : pour un projet doctoral mené en collaboration entre deux laboratoires et deux établissements, dans deux pays différents.
  • Formation continue : pour préparer son doctorat en parallèle d'une activité professionnelle ou après plusieurs années d'expérience professionnelle.
  • VAE (validation des acquis de l'expérience) : pour les personnes qui ont déjà une expérience de recherche significative sans avoir un doctorat, par exemple des chercheurs de centres de R&D d'entreprise sans doctorat.

Les grandes étapes du parcours

  1. Élaboration du sujet de thèse
  2. Démarches d'entrée en doctorat
  3. Inscription, puis réinscription chaque année
  4. Parcours individuel de formation
  5. Suivi par un comité de suivi individuel (CSI)
  6. Soutenance de la thèse et serment des docteurs
  7. Dépôt légal de la thèse et diplomation

Et après le doctorat ?

Une fois soutenue, la thèse fait l'objet d'un dépôt légal et peut être diffusée sur le portail national (Ouvre une nouvelle fenêtre) theses.fr.

Les docteurs et docteures rejoignent ensuite des trajectoires professionnelles très variées, et peuvent valoriser leurs compétences dans tous les secteurs d'activité, publics comme privés - certains employeurs s'engagent d'ailleurs activement pour promouvoir le doctorat, les doctorants et les docteurs (label employeurs).

Vous trouverez une série de portraits et de témoignages de docteurs pour illustrer l'espace des possibles en matière de devenir professionnel des docteurs.

La recherche doctorale, cadre, partenariat et financement

Une diversité à tous les niveaux

Les sujets de thèse naissent de sources variées. Ils peuvent être proposés par les directeurs et directrices de thèse, en réponse à des enjeux scientifiques et disciplinaires. Ils peuvent aussi découler de problématiques portées par des partenaires socio-économiques, ou émaner de projets personnels des doctorants — inspirés par des questionnements sociétaux, issus d'une pratique professionnelle ou d'une trajectoire individuelle. Quelle que soit leur origine, les sujets de recherche doctorale résultent toujours de la rencontre entre les questionnements de différents acteurs.

Les partenariats sont nombreux et de natures très diverses : collaborations scientifiques avec d'autres laboratoires, en France comme à l'étranger, mais aussi avec des centres de R&D d'entreprises (pharmacie, aéronautique, énergie…), des fondations, des collectivités territoriales ou des ministères (patrimoine culturel, urbanisme, transition énergétique…).

Les lieux de recherche le sont tout autant. Les doctorants mènent bien sûr leurs travaux au sein de leur laboratoire, mais aussi sur d'autres sites en France ou à l'étranger, voire en haute mer pour l'océanographie. Selon les disciplines, leurs recherches peuvent les conduire sur le terrain (géologie, sciences sociales…), dans des fonds d'archives, ou encore sur de grands instruments scientifiques internationaux comme les observatoires ou le CERN.

Cette diversité des sujets se traduit naturellement par une grande variété de sources de financement, de partenariats et de modalités de déroulement des thèses.

Quel cadre pour le travail de recherche en laboratoire ?

Pour sécuriser ces parcours sous toutes leurs formes, la France s'est dotée d'un cadre juridique dédié, avec plusieurs types de conventions et de contrats doctoraux.

Comment financer un doctorat ?

80 % des doctorantes et doctorants ayant commencé leur thèse en 2023 sont financés. Parmi eux :

  • 89 % disposent d'un contrat doctoral financé par une université, un autre établissement d'enseignement supérieur et de recherche, un organisme de recherche, un programme de recherche national ou international ou d'autres sources
  • 11 % d'une bourse pour doctorants étrangers,
  • 10 % d'une convention Cifre,

15 % préparent leur doctorat en formation continue, en parallèle d'une activité professionnelle, sans financement dédié.

Le contrat doctoral de droit public est rémunéré au minimum 2 300 € brut par mois en 2026 (+ 30 % depuis 2020, dans le cadre de la loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030).

Pour en savoir plus : un tour d'horizon sur le financement des thèses

Plusieurs dispositifs publics favorisent par ailleurs les partenariats de recherche doctorale :

Doctorat Formation Recherche