Les thèses de doctorat
Les différents formats de thèses de doctorat
En France, la réglementation nationale autorise une certaine flexibilité quant aux formats des thèses de doctorat. Si la thèse monographique est utilisée dans toutes les disciplines, d'autres formats sont aussi possibles (thèse monographique, thèse sur articles, thèse sur travaux collectifs, thèse en recherche-création...) avec des usages qui dépendent des disciplines.
Le diplôme de doctorat est délivré après la soutenance d'une thèse ou la présentation d'un ensemble de travaux scientifiques originaux. Cette thèse ou ces travaux peuvent être individuels ou, si la discipline le justifie, collectifs, déjà publiés ou inédits. Dans le cas où la thèse ou les travaux résultent d'une contribution collective, le candidat doit rédiger et soutenir un mémoire permettant d'apprécier sa part personnelle.
En savoir plus sur les principaux formats
C'est le format le plus classique et qui est utilisé dans toutes les disciplines : un ouvrage inédit, présentant des travaux scientifiques originaux et individuels sur un sujet donné.
Le doctorant ou la doctorante est l'unique auteur de sa thèse.
Une thèse monographique compte généralement entre 150 et 500 pages (références et annexes incluses), avec des variations notables selon les disciplines.
Le terme de "thèse sur articles" est utilisé concurremment avec celui de "thèse sur publications" ou "thèse sur travaux".
Le doctorant ou la doctorante rassemble plusieurs articles (généralement 2 à 3) déjà publiés ou soumis, dont il ou elle est l'auteur principal.
Les articles peuvent comporter des co-auteurs, mais les travaux scientifiques originaux présentés dans ces articles ont été menés par le doctorant ou la doctorante et sont individuels.
Les articles peuvent porter sur des sujets différents, mais sont reliés par une introduction, une discussion générale et une conclusion qui confèrent une cohérence d'ensemble à la thèse et dont le doctorant ou la doctorante est l'unique auteur.
L'usage des thèses sur articles est fréquent dans certaines disciplines mais absent d'autres.
La thèse sur articles peut également être retenue pour une soutenance de doctorat en VAE (Validation des acquis de l'expérience).
Le cas le plus fréquent est une thèse avec un format hybride entre la thèse monographique et la thèse sur articles. Il s'agit de thèses, organisées en chapitres, dont une partie est inédite et une autre a déjà été publiée ou soumise sous forme d'articles.
Lorsque la thèse résulte d'une contribution collective, le doctorant ou la doctorante doit alors rédiger un mémoire permettant d'apprécier sa contribution personnelle aux travaux scientifiques originaux collectifs qu'il ou elle présente.
Le doctorant ou la doctorante est l'unique auteur de ce mémoire. Le format de ce mémoire est fixé par les établissements ou les écoles doctorales.
La présentation de la thèse peut s'appuyer à la fois sur ce mémoire et sur un ouvrage collectif, déjà publié ou inédit.
Ce format peut être retenu pour traiter un sujet de recherche intégrant les apports de plusieurs disciplines.
Les thèses en dyades ou thèses binômées, par exemple, associent deux doctorants, de deux disciplines différentes, qui collaborent pour faire avancer les connaissances sur un même sujet.
Le doctorant ou la doctorante a mené des travaux scientifiques originaux et individuels sur un sujet donné.
Mais à la différence d'une thèse monographique, le format de la thèse est hybride et combine un ouvrage écrit et un autre format de présentation des travaux de recherche réalisés.
Les diverses (Ouvre une nouvelle fenêtre) formes que peuvent prendre les œuvres de l'esprit (ouvrage écrit, œuvre graphique, logiciel, œuvre audiovisuelle…) peuvent être utilisées, sous réserve que l'œuvre fasse, comme c'est le cas pour la thèse ou le mémoire écrit, l'objet d'un dépôt légal.
Le terme de thèse en recherche-création est principalement utilisé dans le domaine des arts pour désigner une thèse composite intégrant à la fois un ouvrage écrit et un autre type d'œuvre de l'esprit.
Mais cela existe également dans d'autres domaines. Une thèse en informatique, par exemple, peut s'appuyer à la fois sur un mémoire écrit et sur un logiciel, déposé, servant de démonstrateur.
Depuis l'arrêté du 25 mai 2016, le doctorant ou la doctorante fournit sa thèse au format numérique, ainsi que les meta-données nécessaires pour son dépôt légal et son archivage dans le système documentaire national, en suivant les consignes de l'établissement de soutenance.
La thèse n'est imprimée sur papier que sur demande explicite du jury. Si le doctorant ou les membres du jury souhaitent disposer d'exemplaires imprimés, l'établissement assure l'impression de la thèse à partir du support numérique.
Le dépôt légal de la thèse
Qu'est-ce que le dépôt légal ?
Le dépôt légal a été institué le 28 décembre 1537 à Montpellier, par François Ier par une ordonnance qui oblige tout imprimeur ou éditeur du royaume à présenter un exemplaire de chaque livre de sa production à la Bibliothèque du roi pour conserver « toutes les œuvres dignes d’être vues qui ont été ou seront faites, pour y avoir recours si de fortune elles étaient perdues de la mémoire des hommes » (Ouvre une nouvelle fenêtre) Visitez le site de la BnF pour en savoir plus.
Aujourd'hui, le dépôt légal est inscrit dans le (Ouvre une nouvelle fenêtre) Code du patrimoine. Le dépôt légal est l'obligation pour tout éditeur, imprimeur, producteur, importateur, de déposer chaque document qu’il édite, imprime, produit ou importe, auprès de l’organisme habilité selon la nature du document.
Pour les thèses de doctorat, les organismes habilités sont les universités et établissements accrédités pour délivrer le doctorat. Le dépôt légal des thèses est effectué par des personnels habilités des bibliothèques universitaires ou de services chargés de l'information scientifique.
Le dépôt légal des thèses de doctorat est une obligation, y compris pour les thèses classées confidentielles et conditionne la délivrance du diplôme de doctorat. Il garantit la conservation à long terme des thèses de doctorat. Le dépôt se fait par voie numérique selon des modalités qui sont définies dans les articles 24 et 25 de l' (Ouvre une nouvelle fenêtre) arrêté du 25 mai 2016 relatif au doctorat.
Le doctorant [...] dépose [sa thèse] un mois avant la date prévue pour la soutenance [...]. La soutenance est conditionnée par la délivrance au président du jury par le service chargé du doctorat d'une attestation du dépôt de la thèse [...], comportant un résumé en français et un résumé en anglais ainsi qu'une liste de mots-clés [...]. La délivrance du diplôme de doctorat est conditionnée au dépôt de la thèse corrigée.
Quelles étapes ?
Le premier dépôt légal de la thèse est effectué avant de l'envoyer aux rapporteurs de la thèse et aux autres membres du Jury :
- afin de garantir que la version déposée de la thèse soit identique à celle qu'ils examinent pour donner un avis sur l'autorisation de soutenance,
- afin que les conditions de diffusion de la thèse aux rapporteurs et aux membres du jury soient compatibles avec les conditions de diffusion de la thèse déposée, en particulier lorsque la thèse est confidentielle,
- afin d'assurer la protection du droit d'auteur du doctorant ou de la doctorante sur sa thèse ou sur les éléments inédits de sa thèse.
Le délai entre le premier dépôt légal de la thèse et la soutenance est fixé par les établissements de soutenance et se situe généralement entre 2 et 3 mois. Attention : le premier dépôt légal doit avoir été effectué auprès de l'établissement de soutenance au plus tard un mois avant la soutenance (délai légal).
Lors de cette première étape, l'établissement de soutenance et le doctorant ou la doctorante définissent les conditions de diffusion de la thèse (délai éventuel de confidentialité, diffusion ouverte, ouverte après un embargo, restreinte à la communauté universitaire) et les métadonnées associées (date de dépôt, date de soutenance, titre, résumé et mots-clés en français et en anglais, composition du Jury, rapporteurs, direction de thèse, laboratoire, école doctorale, établissement de soutenance...).
Le doctorant ou la doctorante est accompagné par le service chargé du doctorat et/ou la bibliothèque universitaire ou le service chargé de l'information scientifique.
La soutenance est conditionnée par la délivrance au président du jury par le service chargé du doctorat d'une attestation du dépôt de la thèse fournie aux rapporteurs et aux membres du Jury en vue de la soutenance et des métadonnées associées à la thèse.
Ces métadonnées comprennent toutes les informations nécessaires à la description, la gestion, la diffusion et l'archivage de la thèse, conformes aux règles de signalement définies par (Ouvre une nouvelle fenêtre) l'Agence bibliographique de l'enseignement supérieur.
Elles comprennent, en particulier, les conditions de diffusion de la thèse (délai éventuel de confidentialité, diffusion ouverte, ouverte après un embargo, restreinte à la communauté universitaire) et les autres métadonnées associées à la thèse (date de dépôt, date de soutenance, titre, résumé et mots-clés en français et en anglais, composition du Jury, rapporteurs, direction de thèse, laboratoire, école doctorale, établissement de soutenance...).
Attention : pour autoriser la soutenance, le délai entre le premier dépôt légal et la soutenance est au minimum d'un mois.
Dans le cadre de ses délibérations, le jury peut demander des corrections sur la thèse.
Il peut s'agir de corrections mineures, non obligatoires, ou de corrections majeures, à effectuer dans un délai maximal de trois mois.
La délivrance d'une attestation de réussite et du diplôme de doctorat sont conditionnées au dépôt légal de la thèse corrigée.
Les modalités de vérification de la version corrigée de la thèse sont fixées par les établissements de soutenance, et elles peuvent varier d'un établissement à l'autre. Généralement :
- si des corrections mineures ont été demandées, la directrice ou le directeur de thèse est chargé de valider la version corrigée de la thèse,
- si des corrections majeures ont été demandées par le jury, c'est le président du Jury ou un membre du Jury désigné par le Jury au moment de la soutenance qui est alors chargé de valider ces corrections.
Une fois la version corrigée validée, le dépôt légal de la thèse peut être effectué par le service documentaire.
Confidentialité
Sauf dérogation, la soutenance d'une thèse de doctorat est publique, annoncée en amont, et après la soutenance, la thèse est accessible à tous ou a minima à la communauté universitaire. Le classement confidentiel d'une thèse est donc une mesure exceptionnelle.
(Ouvre une nouvelle fenêtre) L'article 19 de l'arrêté du 25 Mai 2016 dispose que "La soutenance est publique, sauf dérogation accordée à titre exceptionnel par le chef d'établissement si le sujet de la thèse présente un caractère de confidentialité avéré."
Le classement confidentiel de la thèse est décidé par le chef d'établissement. Le doctorant ou la doctorante ou la direction de thèse ne peuvent pas décider seuls de ce classement confidentiel.
Généralement, le caractère confidentiel du sujet de la thèse et le besoin de confidentialité sur la thèse ont été déclaré et justifiés bien avant la soutenance.
La (Ouvre une nouvelle fenêtre) convention individuelle de formation doit notamment préciser si le sujet est confidentiel ou non. Cette convention est établie lors de la première inscription en doctorat et peut être modifiée à chaque ré-inscription.
Plusieurs raisons justifient le caractère exceptionnel du classement confidentiel des thèses :
- Le caractère public de la soutenance de doctorat relève d'un principe très ancien (appliqué aussi aux mariages, par exemple avec la « publication des bans » en mairie), qui permet de multiplier les témoins du déroulement du processus et d’informer les tiers, afin que toute personne soit à même de s'y opposer en démontrant d'éventuels empêchements,
- Après son dépôt légal, la thèse fait partie des (Ouvre une nouvelle fenêtre) archives publiques et est donc, sauf exceptions, communicable au public,
- Le fait que la thèse et la composition du jury soient accessibles répond aux enjeux de la science ouverte (restitution des résultats de la recherche publique au public, condition de la reproductibilité des résultats scientifiques, crédibilité de la recherche dans la société etc.),
- C'est également important pour la reconnaissance du doctorat, en permettant de savoir sur quelle base le diplôme a été attribué et par qui il a été validé,
- Enfin, le classement confidentiel de sa thèse peut constituer une entrave très sérieuse pour un docteur ou une docteure, en particulier si sa recherche d'emploi requiert qu'il présente ses réalisations. La thèse ne pourra pas être diffusée, reproduite ou communiquée pendant toute la durée de confidentialité, par qui que ce soit, y compris par l’auteur lui-même.
C'est pourquoi le classement confidentiel d'une thèse est une mesure exceptionnelle et dérogatoire,
- réservée aux informations présentant un caractère confidentiel avéré (informations sensibles, solutions techniques pour lesquelles on envisage un brevet, données personnelles ...),
- pour une durée limitée
- et décidée par le chef d'établissement (et non par le docteur lui-même).
Lorsque la thèse a été classée confidentielle et uniquement dans ce cas, la soutenance peut alors se faire, à titre dérogatoire, à huis-clos.
La durée de confidentialité de la thèse est toujours limitée dans le temps, mais elle dépend du motif du classement confidentiel et des accords qui peuvent avoir été signés par l'établissement.
Lorsque la demande de confidentialité est justifiée par la demande d'un brevet, compte tenu des délais de publication des brevets, la durée de confidentialité accordée est généralement de 18 à 24 mois. À la fin de la période de confidentialité, si nécessaire, une prolongation peut être accordée.
Lorsque le classement confidentiel est destiné à protéger des secrets industriels et commerciaux, des résultats de recherche exploitables obtenus dans le cadre d'un partenariat public-privé (thèse CIFRE par exemple), la durée de confidentialité de la thèse est, au maximum, égale à la durée de confidentialité prévue dans la convention de collaboration signée par l'établissement. Généralement 5 ans.
Pour les autres motifs, la durée de classement confidentiel est habituellement définie à partir de la durée de protection des données et documents sensibles fixées dans le (Ouvre une nouvelle fenêtre) code du patrimoine.
Par exemple, pour une thèse portant sur une figure historique, une durée de vingt-cinq ans à compter de la date du décès de l'intéressé, doit être appliquée aux informations dont la communication porterait atteinte au secret médical.
Si la thèse contient des informations confidentielles, et qu'aucune solution alternative (anonymisation, offuscation locales etc.) ne peut être trouvée, plusieurs mesures devront être prises avant, pendant et après la soutenance de la thèse :
- Lors de l'inscription en doctorat ou, si le besoin de confidentialité est identifié ultérieurement, lors d'une réinscription, le caractère confidentiel du sujet de la thèse doit être indiqué dans la convention individuelle de formation qui est signée par le ou les directeurs de thèse, le doctorant et, le cas échéant, par le responsable de l'entreprise ou de l'organisme d'accueil du doctorant,
- Les personnes qui peuvent être amenées à prendre connaissance d'informations confidentielles, par exemple, lors d'un comité de suivi individuel, devront également signer un contrat de confidentialité avec l'établissement de soutenance,
- Avant la soutenance, le classement confidentiel de la thèse doit être demandé au chef d'établissement et l'information doit être communiquée au service chargé du dépôt légal de la thèse,
- Avant de recevoir la thèse, les rapporteurs et les membres du Jury doivent avoir signé un contrat de confidentialité avec l'établissement de soutenance,
- Les moyens de transmission utilisés lors de l'envoi de la thèse aux rapporteurs, aux membres du Jury ou aux services documentaires doivent assurer la confidentialité de la thèse (cryptage par exemple),
- Une thèse classée confidentielle doit néanmoins obligatoirement faire l'objet d'un dépôt légal par l'établissement de soutenance, d'un archivage au CINES et d'un signalement dans le Sudoc et dans theses.fr. Une attention particulière doit donc être portée que les informations qui seront diffusées publiquement après ce dépôt légal (titre, résumé, mots-clés) ne véhicule d'informations confidentielles,
- La soutenance devra généralement se tenir à huis-clos, en présence des personnes qui ont signé un contrat, une convention ou un engagement de confidentialité avec l'établissement de soutenance,
- Après la soutenance, une thèse soumise à une clause de confidentialité ne pourra être diffusée, reproduite ni communiquée pendant toute la durée de confidentialité définie, quand bien même le docteur, en tant qu'auteur, le souhaiterait.
À l'échéance de la période de confidentialité, la thèse est diffusée sur le portail national des thèses www.theses.fr en accès ouvert ou avec un accès restreint à la communauté universitaire, selon le choix opéré par l'auteur.
Si nécessaire, la période de confidentialité peut être prolongée. Une demande doit être faite auprès de l'établissement de soutenance avant que la thèse ne soit devenue accessible.
La diffusion de la thèse
Les scenarios de diffusion
Sauf lorsqu'elle est confidentielle, la thèse est toujours accessible au sein de la communauté universitaire.
Mais elle peut bénéficier d'une diffusion bien plus large. L'un des axes de la politique publique de science ouverte est de favoriser l'ouverture des thèses de doctorat au public et leur accessibilité numérique.
Plusieurs scénarios de diffusion de la thèse sont envisageables. C'est le docteur, auteur de la thèse, ou la docteure, autrice de la thèse, qui choisit librement entre ces scénarios. Ces conditions sont formalisées dans un contrat de diffusion de la thèse.
Les bibliothèques universitaires et les services chargés de l'information scientifique mènent des actions de sensibilisation et de formation pour que les doctorants puissent faire ces choix de manière éclairée et disposent de toute l'information utile.
Trois scénarios principaux sont possibles.
Diffusion ouverte
La thèse est accessible librement, sur le portail national des thèses www.theses.fr, dès la finalisation du dépôt légal.
Période d'embargo
Pendant la période d'embargo, la thèse n'est accessible qu'à la communauté universitaire. Elle est ensuite accessible à tous sur www.theses.fr.
Diffusion restreinte
La thèse est accessible à la communauté universitaire mais n'est pas accessible librement sur www.theses.fr.
Pour en savoir plus ...
Seul le chef de l'établissement de soutenance peut décider de classer une thèse confidentielle. Si la thèse est confidentielle, elle ne peut être communiquée à personne.
Si la thèse n'est pas confidentielle, elle peut être diffusée. Dans ce cas, seul l'auteur de la thèse est habilité à choisir entre les différentes possibilités de diffusion de sa thèse,
- diffusion ouverte sur le portail national des thèses, dès la finalisation du dépôt légal,
- diffusion ouverte sur le portail national des thèses après une période d'embargo,
- diffusion restreinte à la communauté universitaire.
Lorsque la thèse est sous embargo ou en diffusion restreinte, la thèse reste consultable dans l'enceinte de l'établissement ou sur l'intranet du portail national des thèses.
La diffusion ouverte d’une thèse est aujourd’hui une bonne pratique, largement encouragée.
- Elle permet de mettre à disposition du public le fruit des travaux de recherche réalisés dans des laboratoires de recherche publics,
- Votre travail sera nettement plus visible, davantage téléchargé et cité par d’autres chercheurs et étudiants,
- Votre thèse disposera d’une adresse de consultation en ligne pérenne et validée,
- Cela favorise votre reconnaissance au sein de la communauté académique et au-delà,
- Les thèses de doctorat en accès ouvert sont analysées par les outils de fouilles de données numériques et permettent de vous identifier bien mieux qu'avec les mots-clés ou le résumé de la thèse,
- Une thèse plus largement diffusée est bien mieux protégée contre le plagiat qu’un travail diffusé de manière restreinte,
- Les statistiques de téléchargement peuvent conduire un éditeur à proposer un projet d’édition. Attention toutefois aux sollicitations de sociétés se présentant comme des maisons d’édition, mais ne proposant en réalité aucun travail éditorial de qualité sur le texte de votre thèse.
Vous pouvez choisir de retarder la diffusion en accès ouvert de votre thèse en recourant à un embargo d'une durée limitée.
L'embargo peut être utilisé pour optimiser la diffusion de la thèse en la dévoilant à un moment clé pour le grand public.
Par exemple : une thèse sur l’impact socio-économique des Jeux Olympiques, sous embargo jusqu’à l’annonce officielle de la ville hôte.
Mettre la thèse sous embargo peut également être utile lorsque la publication d'articles ou d'un ouvrage est en cours. La thèse peut être mise sous embargo jusqu'à la publication des articles.
À l'issue de la période d'embargo, la thèse devient librement accessible sur le portail national des thèses www.theses.fr.
Quelle part des thèses sont en accès ouvert ?
La part des thèses diffusées en accès ouvert a fortement augmenté dans la dernière décennie. Une petite moitié des thèses soutenues en 2010 est ouverte, alors que ce sont environ les ¾ des thèses soutenues à la fin des années 2010 qui sont ouvertes.
Sur les toutes dernières années, le taux d'ouverture redescend temporairement, du fait des thèses qui restent soumises à des périodes de confidentialité ou d'embargo et dont la majorité devient accessible librement à l'issue de leur période de confidentialité ou d'embargo.
Le taux d'ouverture des thèses varie considérablement selon les disciplines.
Au niveau national, en astronomie, mathématiques, informatique, sciences de la terre, l'ouverture des thèses est quasiment universelle, tandis qu'en droit, sciences politiques ou littérature, la pratique est moins répandue (moins de 50%).
L'accessibilité numérique de votre thèse
L'accessibilité numérique de votre thèse est un enjeu croissant, inscrit dans les politiques publiques.
(Ouvre une nouvelle fenêtre) La directive européenne relative à l'accessibilité des biens et des services et le (Ouvre une nouvelle fenêtre) décret du 14 août 2023 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des livres numériques et logiciels nécessaires à leur utilisation rendent obligatoire la production de livres numériques accessibles aux personnes en situation de handicap.
Cette obligation s'applique également aux thèses de doctorat depuis le 28 juin 2025.
Il est plus facile et moins coûteux d'intégrer les paramètres d'accessibilité dès la rédaction de votre thèse, plutôt que de la mettre aux normes après coup.
Bonnes pratiques pour une thèse accessible
Utilisez les styles de titres (Titre 1, Titre 2…) de votre traitement de texte pour créer une hiérarchie de titres lisible par les lecteurs d'écran.
Ajoutez un texte alternatif à chaque image, tableau et figure pour les rendre compréhensibles par les personnes utilisant des technologies d'assistance.
Lors de l'export en PDF de votre thèse, veillez à générer un PDF balisé (tagged PDF), qui préserve la structure logique du document et permet aux lecteurs d'écran de naviguer dans le texte.
Vérifiez la conformité du fichier numérique de votre thèse au Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité (RGAA).
Il existe des outils permettant de tester l'accessibilité de votre document PDF et le respect des critères du RGAA.
Le guide Mémoires, thèses, publications : Soyons accessibles ! du Comité pour la science ouverte (MESR, 2024) propose des conseils pratiques concrets pour rendre vos productions scientifiques accessibles.
Thèse et droits d'auteur
Votre thèse de doctorat est considérée par le droit comme une « œuvre de l’esprit ». De ce fait, vous êtes titulaire de droits d’auteur sur la thèse.
Le (Ouvre une nouvelle fenêtre) droit d’auteur est régi par le Code de la propriété intellectuelle. Il protège tout contenu « original », quelle que soit sa forme : texte, schémas, vidéos, audio…
Parce que vous détenez les droits d’auteur sur votre thèse, celle-ci ne peut pas être diffusée sans votre accord. À l’inverse, vous n'êtes pas autorisés à publier des contenus dont les droits d’auteur appartiennent à d’autres, sauf cas d’exception (courte citation ou exception pédagogique).
Source : (Ouvre une nouvelle fenêtre) article L.112-2 du code de la propriété intellectuelle.
Droits moraux et droits patrimoniaux
Le droit d’auteur est composé de droits moraux et de droits patrimoniaux.
Droits moraux Ouvre une nouvelle fenêtre
Perpétuels et incessibles. Ils comprennent notamment le droit de paternité (être identifié comme auteur de l'œuvre) et le droit au respect de l'intégrité de l'œuvre.
Droits patrimoniaux Ouvre une nouvelle fenêtre
Transmissibles et cessibles, ils durent de la création jusqu'à 70 ans après la mort de l'auteur. Ils comprennent le droit de publication et de reproduction. Ils peuvent être cédés, par contrat ou licence.
Accorder une licence peut se faire via un simple accord donné par écrit (une réponse à un mail par exemple), en validant les conditions générales, ou encore, parfois, en précisant simplement, à côté d’un contenu que vous publiez vous-même, qu’il est soumis à une licence « Creative Commons ».
Céder ses droits patrimoniaux, peut se faire en signant un contrat d’édition avec un éditeur. Cette cession peut être exclusive : dans ce cas, vous vous interdisez de céder vos droits ou d’octroyer une licence à une autre personne, voire de réutiliser vous-même votre travail.
Bien citer ses sources
Si le dépôt légal de la thèse vous permet de protéger votre thèse par le droit d'auteur, il exige aussi de votre part le respect du droit d'auteur des auteurs de travaux sur lesquels vous vous appuyez et de disposer de toutes les autorisations nécessaires des auteurs.
Le copier-coller, la paraphrase, la génération de texte par IA, la réutilisation d’images ou d’idées sans citer la source constituent des situations de plagiat (n’hésitez pas à consulter les (Ouvre une nouvelle fenêtre) ressources de l'Office français d'intégrité scientifique - OFIS et à regarder cette (Ouvre une nouvelle fenêtre) courte vidéo sur les différentes formes de plagiat, volontaires ou non).
Renseignez-vous pour connaître le style bibliographique et le style de citation à privilégier dans votre discipline. Il est recommandé d'utiliser un logiciel d'assistance numérique pour la gestion des sources bibliographiques (tel que Zotero).
Les images
Vous pouvez réutiliser dans votre thèse des images provenant d’articles ou de livres protégés par un copyright. Cela relève en effet de l’exception pédagogique, une des exceptions au droit d’auteur. Attention cependant, vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez de cette image ! (Ouvre une nouvelle fenêtre) La loi et les (Ouvre une nouvelle fenêtre) accords en vigueur vous autorisent à inclure jusqu’à 20 images sans demander d’autorisation aux auteurs. En revanche, une autorisation est nécessaire à partir de la 21ème image. Les sources des images doivent être mentionnées et aucune modification n’est autorisée.
Les articles joints à la thèse
Vous pouvez joindre vos articles à votre thèse. Toutefois, si votre thèse est diffusée en ligne (tout de suite après la soutenance, après un embargo ou après une période de confidentialité), il convient de s’assurer que vous respectez bien les politiques des éditeurs. En effet, tous n’autorisent pas la diffusion en accès libre de la version éditeur des articles.
Dans tous les cas, vous avez le droit, en tant qu’auteur, de diffuser la version acceptée de l’article (mais sans la mise en page de l’éditeur) au bout de 6 mois après publication pour les articles en sciences, techniques et médecine et 12 mois pour les articles en sciences humaines et sociales.
Pour plus d’informations sur cette question, consultez la section « Déposer dans une archive ouverte » du (Ouvre une nouvelle fenêtre) Passeport pour la science ouverte.
Attention à l'auto-plagiat
La publication d'articles scientifiques dans une revue après la publication en archive ouverte de la thèse, peut, dans certains cas, être interprétée, à tort, comme de l’autoplagiat, c’est souvent à cause de l’absence de référence au document d’origine dans l’article ou dans la lettre qui accompagne sa soumission.
Un article peut tout à fait être issu d’une thèse déposée sur une archive ouverte, à condition de :
- Informer l’éditeur dans la lettre de soumission que le travail repose sur une thèse déposée en archive ouverte ;
- Citer la thèse clairement, dans la liste des références, une note de bas de page ou en remerciement ;
- Adapter le texte à la forme éditoriale retenue, qui peut appeler une reformulation et une actualisation des analyses.
Langue de rédaction de la thèse
Des évolutions fortes dans les deux dernières décennies
La langue de rédaction des thèses est normalement le français. Mais avec l'internationalisation de la recherche, la part des thèses de doctorat rédigées en anglais ou intégrant du contenu en anglais s'est accrue au cours des dernières décennies. Entre les périodes 2000-2005 et 2020-2025, la part des thèses contenant du contenu en anglais est passée de 6% à 44%.
À noter que les thèses rédigées en anglais sont plus souvent en accès ouvert que celles rédigées en français (84% sur la période 2020-2025 contre 73% sur la même période).
Choix de la langue : l'auteur de la thèse ne décide pas seul
Le choix d'une langue autre que le français pour la rédaction de la thèse et l'ensemble des implications qui en découlent doivent être discutés et décidés avec votre directrice ou votre directeur de thèse et votre école doctorale.
Le cadre
La langue de rédaction de la thèse est le français, sauf exception justifiée.
- Exemple 1 : le choix de la langue anglaise peut se justifier par les besoins d'une diffusion internationale de la thèse et/ou la présence de membres non francophones dans le jury. Mais à condition que les choix de composition du jury et/ou de diffusion de la thèse soient cohérents avec cette justification, notamment que le jury comprenne effectivement un membre non francophone et/ou que la thèse soit diffusée en accès ouvert sur www.theses.fr.
- Exemple 2 : Une thèse réalisée dans le cadre d'une cotutelle internationale de thèse entre une université française et une université allemande dans le cadre d'un programme Européen "MSCA - Doctoral Networks – Joint Doctorates (DN-JD)" pourra être rédigée en allemand, à condition que cela ait été convenu dans la convention de cotutelle internationale de thèse entre les deux universités.
Toutes les personnes qui prennent part au processus de validation de la thèse, la directrice ou le directeur de thèse qui approuve l'engagement du processus de soutenance, les rapporteurs et chacun des membres du jury doivent maîtriser la langue de rédaction de la thèse et la langue de soutenance.
Chaque doctorant, français ou étranger, s’il a rédigé sa thèse dans une autre langue que le français, est tenu de l’accompagner d’un résumé substantiel en français. Le format de ce résumé est fixé par les établissements de soutenance et leurs écoles doctorales et peut dépendre de la langue de rédaction choisie.Le (Ouvre une nouvelle fenêtre) Guide pour la rédaction et la présentation des thèses à l’usage des doctorants du MESR (2007) indique que le résumé substantiel doit :
- figurer dans les pages liminaires du manuscrit (pages qui suivent la page de titre et précèdent la table des matières). Il fait donc partie intégrante du manuscrit de thèse.
- permettre de se faire une idée relativement précise du contenu de la thèse. Ce résumé peut avoir une longueur comprise entre 10 et 20 pages.
- décrire le contexte de la recherche, la démarche adoptée et les résultats obtenus.
- s'ajouter aux résumés obligatoires en français et anglais (4000 caractères) requis pour le dépôt légal de la thèse avec d'autres métadonnées de la thèse.
La langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français. Des exceptions peuvent être justifiées […]
La convention de cotutelle internationale de thèse précise la langue dans laquelle est rédigée la thèse ; lorsque cette langue n'est pas le français, la rédaction est complétée par un résumé substantiel en langue française.
Le service public de l'enseignement supérieur contribue, au sein de la communauté scientifique et culturelle internationale, au débat des idées, au progrès de la recherche et à la rencontre des cultures. Il promeut, aux plans européen et international, un meilleur partage des savoirs et leur diffusion auprès des sociétés civiles. Il encourage les coopérations transfrontalières [...].
Autres références et liens utiles
Le guide du doctorant Ouvre une nouvelle fenêtre
Un guide pour les doctorants conçu par l'agence bibliographique de l'enseignement supérieur (ABES).

Passeport pour la science ouverte Ouvre une nouvelle fenêtre
Un guide pratique à l'usage des doctorants
Mémoires, thèses, publications : Soyons accessibles Ouvre une nouvelle fenêtre
Guide pratique pour l'accessibilité des productions scientifiques
Je publie ! Quels sont mes droits ? Ouvre une nouvelle fenêtre
Les questions que doivent se poser les auteurs de publications scientifiques
Droit d'auteur, plagiat etc. La Foire aux Questions Ouvre une nouvelle fenêtre
de l'Office Français d'intégrité scientifique (OFIS)

