Le financement des thèses, un tour d'horizon

Construire un projet doctoral, c'est aussi trouver les conditions de financement adaptées à chaque situation. Cette page vous aide à comprendre les options disponibles et à identifier les dispositifs adaptés à votre situation.

80%

des doctorants sont financés pour préparer leur thèse, 15% préparent leurs thèses en parallèle d'une activité principale rémunérée.

2300€

brut mensuel : c'est la rémunération minimale du contrat doctoral en 2026

+30%

de revalorisation, en 6 ans, suite à la loi de programmation de la recherche (LPR)

~13 000

nouveaux doctorants financés chaque année

Trois voies à explorer

Le financement d’une thèse peut prendre plusieurs formes. Le financeur peut soutenir :


Les offres des écoles doctorales

Les universités et autres établissements d'enseignement supérieur financent environ un tiers des projets doctoraux engagés chaque année sur leur subvention pour charge de service public.

Cela se fait habituellement dans le cadre de concours, gérés par leurs écoles doctorales, avec des procédures ouvertes et transparentes. Ces concours ont une double fonction : d'une part, sélectionner les projets qui seront financés ; d'autre part, choisir les candidats à l'admission dans une formation doctorale. Les offres de sujets de thèses pour ces concours sont diffusées par les écoles doctorales sur doctorat.gouv.fr

Les écoles doctorales relaient également sur doctorat.gouv.fr des offres de sujets de thèses avec des financements venant de diverses autres sources (par exemple : un projet de recherche financé par l'ANR) et dont l'environnement académique est défini (équipe d'encadrement, laboratoire de recherche, école doctorale, établissement d'inscription).


Les principaux programmes doctoraux

Outre les écoles doctorales, de nombreux financeurs (structures publiques ou privées, fondations, etc.) lancent régulièrement des appels pour financer plusieurs projets doctoraux chaque année. Voici les principaux programmes :

Remarque : cette liste n'est pas exhaustive et peut être complétée. Consultez la page "employeurs" à ce sujet.


Les offres des employeurs labellisés

Dès l’ouverture de la prochaine campagne, vous trouverez ici les offres de financement de thèse déposées par les employeurs labellisés. Il peut s’agir :

Vous êtes employeur et n’avez pas encore identifié d’école doctorale ? Vous pouvez tout de même publier une offre : consultez la page « employeurs ».


Comment se finance une thèse ?

Le financement d’un projet doctoral sert à deux choses : rémunérer le doctorant ou la doctorante, et couvrir les coûts de recherche et de formation.

Des rôles souvent partagés. L’établissement d’inscription n’est pas forcément l’employeur qui signe le contrat, ni le financeur qui apporte les fonds. Ces rôles sont généralement répartis entre plusieurs acteurs : universités, grandes écoles, organismes de recherche, État, collectivités territoriales, Union européenne, entreprises, fondations, associations, en France comme à l’étranger.

Des partenariats encouragés. Plusieurs dispositifs publics (Cifre, Cofra, actions Marie Skłodowska-Curie, bourses Eiffel) favorisent les projets doctoraux en partenariat. Ils permettent de partager les coûts entre partenaires, avec des incitations fiscales importantes pour les acteurs privés.

Pour aller plus loin

Le financement d’une thèse peut provenir de plusieurs sources, être partagé entre plusieurs acteurs. De plus, l’employeur du doctorant (celui qui signe le contrat) n’est pas toujours le financeur (celui qui fournit les fonds).

Les principaux financeurs sont :

L'État

L'état est le principal financeur et finance des projets doctoraux via :

  • les contrats doctoraux financés par les établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche sur leur subvention pour charge de service public et alloués via leurs écoles doctorales,
  • le financement de la recherche alloué aux organismes de recherche (CNRS, INSERM etc.), à l'agence nationale de la recherche (ANR), à France 2030 avec, par exemple, les programmes prioritaires de recherche (PEPR) et à des programmes spécifiques de plusieurs ministères (DGA, CNES, Gendarmerie nationale...)
  • les financements destinés aux doctorants étrangers dans le cadre de la diplomatie française,
  • les Cofra (Conventions de formation par la recherche en administration) qui concernent des projets de recherche répondant aux problématiques des administrations de l'État (ministères, agences nationales…).

Les collectivités territoriales

La plupart des régions, certains départements et même certaines communes, financent ou cofinancent des thèses de doctorat ou des programmes de financement de la recherche permettant de financer des doctorants, notamment dans des domaines stratégiques (transition écologique, innovation) ou répondant à des enjeux territoriaux (littoral, montagne, culture et patrimoine).

Les collectivités territoriales peuvent recourir au dispositif Cifre et être accompagnées dans le cadre du programme « (Ouvre une nouvelle fenêtre) 1000 doctorants pour les territoires ».

L'assurance maladie, le secteur santé

Des projets doctoraux peuvent être financés par l'assurance maladie et le financement du secteur santé, à travers des programmes de Santé Publique France, les agences régionales de santé, les hôpitaux publics.

Ces derniers peuvent accorder des aménagements à des médecins, pharmaciens, kinésithérapeutes, etc. pour préparer un doctorat à temps partiel sur des projets répondant à la fois à des besoins de recherche de l'hôpital et à des enjeux de formation de futurs hospitalo-universitaires.

Les entreprises et les associations

Le financement de projets doctoraux peut se faire, via les Cifre (Conventions Industrielles de Formation par la Recherche) qui sont soutenues par une subvention de l’État et le crédit d’impôt recherche, via des financements de chaires ou de programmes de recherche partenariale ou du mécénat (mécénat de doctorat, avec un versement au laboratoire permettant de recruter un doctorant ou mécénat de compétences ou un personnel de l'entreprise ou de l'association est mis à disposition pour préparer une thèse).

Elles peuvent également accorder des aménagements du temps de travail à des salariés déjà en poste afin de préparer un doctorat à temps partiel.

Les fondations

Certaines fondations (comme la Fondation pour la Recherche Médicale ou la Fondation de France) financent des thèses sur des thèmes ciblés.

Ces financements sont souvent attribués sur dossier et peuvent être complémentaires d’autres sources de revenus.

Des organisations internationales

  • Programmes de la Commission européenne (Horizon Europe, bourses Marie Skłodowska-Curie),
  • Organisations internationales finançant des projets de recherche répondants à leurs problématiques spécifiques (OCDE, ONU, OMS, BIPM...),

Des partenaires internationaux

  • Bourses proposées par des pays partenaires (bourses du DAAD pour l’Allemagne, bourses Fulbright pour les États-Unis, etc.)
  • Partenariats internationaux (par ex. cotutelle internationale de thèse): Financement ou cofinancement d'universités étrangères, d’organismes de recherche étrangers ou d'entreprises étrangères.

Un projet doctoral est un investissement d’avenir : il produit des résultats de recherche et forme un futur docteur ou une future docteure. Il nécessite donc des moyens, généralement apportés par plusieurs acteurs, pour la recherche et la formation.

Avant toute inscription en 1re année, la direction de l’école doctorale vérifie que les conditions scientifiques, matérielles et financières sont réunies. Cinq volets sont concernés :

  • La rémunération du doctorant ou de la doctorante. C’est le poste principal. Son montant varie selon qu’il s’agit d’un contrat doctoral de droit public ou privé, d’une bourse pour doctorant étranger ou d’un aménagement du temps de travail pour un salarié préparant sa thèse à temps partiel.
  • Les frais généraux de recherche (coûts indirects). Ils couvrent l’accueil sur le campus et au laboratoire : services généraux (restauration, numérique, santé…), poste de travail, missions, accès à la littérature scientifique, personnels d’appui et fonctionnement du laboratoire. Pour une thèse en partenariat (Cifre par exemple), l’accueil doit être organisé sur deux sites.
  • Les frais généraux de formation (coûts indirects). Ils couvrent l’encadrement par la direction de thèse et l’environnement scientifique, le fonctionnement de l’école doctorale et le suivi de la formation (admission, comités de suivi, rapporteurs, jury, diplomation, publication de la thèse), ainsi que les formations obligatoires (éthique et intégrité scientifique, science ouverte…).
  • Les frais spécifiques de recherche. Ils dépendent du sujet et varient fortement entre une thèse théorique et une thèse expérimentale, clinique ou de terrain : consommables, logiciels, calcul, bases de données, accès aux infrastructures et équipements, personnels d’appui ou experts, missions de terrain, cohortes, études cliniques…
  • Les frais spécifiques de formation. Certaines thèses exigent des formations préalables pour obtenir des autorisations (expérimentation animale), accéder à certains matériels ou sites (travail en milieu ionisant) ou à certains terrains (plongée en eau profonde).

Le coût d’un projet doctoral peut varier selon les conditions de déroulement du doctorat, le sujet et la nature des travaux.

Ces coûts (rémunération, frais de recherche, de formation et de gestion) sont généralement partagés entre plusieurs acteurs : financeurs, laboratoires et établissements d’inscription. La répartition dépend du dispositif de financement et des collaborations engagées.

Des dispositifs publics, français et européens, et des incitations fiscales ( CIFRE, (Ouvre une nouvelle fenêtre) CIR, (Ouvre une nouvelle fenêtre) CICO, mécénat de doctorat) permettent de réduire nettement le budget à la charge de chaque partenaire.

Repères (montants indicatifs)

  • Rémunération : en 2026, un contrat doctoral coûte environ 130 000 € brut chargé sur 3 ans.
  • Coûts indirects (frais d’accueil, de recherche et de formation) : ils s’estiment en appliquant au coût de la rémunération un coefficient compris généralement entre 0,4 et 0,8, propre à chaque organisation. En cas de partenariat, des frais de gestion de 15 à 25 % servent à répartir ces coûts indirects entre les partenaires.

Scénario 1 : une thèse Cifre dans une PME

Une PME recrute un doctorant en Cifre pour 3 ans à temps plein, partagé à parts égales entre l’entreprise et un laboratoire universitaire sur un projet doctoral avec une forte composante expérimentale.

  • Coût de la rémunération : 130 000 € sur 3 ans, soit 43 333 €/an de dépenses de personnel
  • Contrat de collaboration avec l’université : 25 000 €/an pour les frais expérimentaux et d’environnement,
  • Aides :
    • Subvention Cifre (14 000 €/an)
    • Crédit d’impôt recherche de 30 % sur les dépenses de personnel restantes une fois la subvention Cifre déduite (8 800 €/an).
    • Crédit d’impôt de collaboration de 50 % pour une PME (12 500 €/an).

Coût pour l’entreprise : environ 33 000 € par an pendant 3 ans.

Scénario 2 : un salarié en doctorat via le mécénat de compétences

Une entreprise libère un salarié, rémunéré à hauteur de 3 500 € bruts par mois, 6 mois par an, pendant 4 ans, pour préparer une thèse d’intérêt général dans une université.

Comme pour tout mécénat, cette mise à disposition ouvre droit à une réduction d’impôt de 60 % du salaire chargé, soit jusqu’à 17 300 € par an.

Coût pour l’entreprise : environ 11 500 € par an.

Scénario 3 : un réseau doctoral européen (MSCA)

Trois universités (France, Italie, Norvège), un grand groupe et deux PME répondent ensemble à un appel MSCA « Doctoral Networks – Industrial Doctorates ». Chaque université recrute un doctorant issu d’un master d’une université partenaire, qui partage son temps entre une entreprise et le laboratoire.

La Commission européenne prend en charge :

  • la rémunération brute chargée des doctorants pendant toute la durée de leur contrat ;
  • les frais de recherche, de formation et de mise en réseau ;
  • les frais de gestion et les coûts indirects.

Un projet peut être financé par la Commission européenne à hauteur de 540 personnes-mois, soit l’équivalent de 15 thèses de 36 mois.

Selon la nature du financement, la candidature pour le financement intervient :

  • après avoir obtenu un avis favorable à l'admission en doctorat de l’école doctorale (par exemple, pour les CIFRE),
  • en même temps (par exemple, pour les financements alloués dans le cadre des concours des écoles doctorales)
  • ou avant (par exemple, pour des financements sur contrats de recherche).

Découvrir les chiffres clés sur le financement de thèses

En France, le financement des thèses de doctorat a connu des évolutions majeures au cours des dernières années, marquées par une revalorisation de la rémunération du contrat doctoral (+30% en 6 ans pour atteindre 2300€ brut mensuel en 2026), par une augmentation de la part des doctorants financés (de 50% à 80% en 20 ans) et par la diversification des sources de financement.

Historiquement porté par les établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche et les organismes nationaux de recherche, ce financement s’ouvre de plus en plus à des partenariats avec le secteur privé, les fondations, les collectivités territoriales et bénéficie de programmes européens et internationaux.

Ces changements reflètent à la fois l'internationalisation de la recherche dans un contexte de société de la connaissance, une volonté d’adapter la recherche aux besoins socio-économiques et le besoin d'être attractif auprès des candidats et de veiller à ce que toutes les conditions soient réunies pour assurer le bon déroulement du doctorat.

Situations de financement

Au cours des deux dernières décennies, les effectifs de doctorantes et de doctorants financés pour préparer leur doctorat ont augmenté de 35% avec une accélération au cours des 5 dernières années (+13%).

Sur la même période, les effectifs de doctorantes et doctorants préparant leur doctorat sans activité principale rémunérée ont été réduits de 79 % et de 37 % au cours des 5 dernières années. Ils sont passés de 4630 parmi les inscrits en 1ère année de l'année 2005-2006 à 972 parmi ceux de l'année 2024-2025.

Ces évolutions combinées, qui ne se compensent pas, aboutissent à une légère baisse des effectifs de doctorantes et doctorants inscrits en 1ère année sur les deux dernières décennies (-4% entre 2005-2006 et 2024-2025) mais avec une augmentation de +3% dans les 5 dernières années.

La part des doctorants préparant leur doctorat en parallèle d'une activité principale rémunérée est restée relativement stable, autour de 15 %.

En revanche, la part des doctorants qui s'engagent dans la préparation d'un doctorat sans rémunération est passée de 26% en 2005 à 5,7% de l'ensemble des inscrits en 1ère année sur l'année universitaire 2024-2025.

Doctorants inscrits en 1ère année

Situations de financement, évolution de 2005-2006 à 2025-2026

Doctorants inscrits en 1ère année

Situations de financement, évolution de 2005-2006 à 2025-2026

Remarques


Sources de financement

À la rentrée 2023-2024, parmi les doctorantes et doctorants inscrits en 1ère année de doctorat et bénéficiant d'un financement :

Répartition par type de financements

Lecture : 38,6% des doctorants inscrits en 1ère année de doctorat en 2024-2025 ont un contrat doctoral financé sur la subvention pour charge de service public des universités et établissements relevant du ministère chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche (ESR)