Elodie Fleury

Ambassadrice du doctorat en Bretagne, docteure en Biologie marine, Elodie Fleury est chercheuse à l'IFREMER, au Laboratoire des sciences de l’environnement marin (LEMAR).

Photo d'Elodie Fleury

Mon parcours

Je ne me destinais pas à devenir chercheuse. Ingénieur diplômée de l’INSA Lyon en 2005, spécialisée en bio-informatique et modélisation, c’est à Tahiti, lors d’une première expérience scientifique consacrée à la génomique de l’huître perlière, que j’ai découvert ce qui allait changer mon parcours : le plaisir de chercher ce que personne ne sait encore expliquer.

Cette découverte m’a donné envie d’aller plus loin et de me lancer dans un doctorat à l’Ifremer, à Brest, pour comprendre pourquoi certaines huîtres résistent mieux que d’autres aux épisodes de mortalité. Après un postdoctorat à l’Université de Laval, au Québec, j’ai rejoint l’Ifremer comme chercheuse en 2011.

Depuis, j’explore les réponses des organismes marins aux changements de leur environnement. Derrière une question aussi simple que « Pourquoi certaines huîtres survivent-elles et d’autres non ? » se cachent des mécanismes biologiques complexes et des enjeux majeurs pour les écosystèmes marins.

Au fil des années, mon métier s’est élargi à la coordination de projets scientifiques, à l’animation de réseaux et à la transmission. En 2025, j’ai obtenu mon habilitation à diriger des recherches (HDR), une nouvelle étape dans ce parcours.

Ma vision du rôle d'ambassadrice

Si j’ai accepté cette mission, c’est parce que je souhaite contribuer à changer le regard que notre société porte sur les docteurs. On présente souvent le doctorat comme l’aboutissement d’un long parcours d’études. Pour moi, c’est surtout le début d’une autre manière de penser.

Faire un doctorat, c’est consacrer plusieurs années à une question dont la réponse reste à découvrir. C’est apprendre à formuler des hypothèses, à construire une démarche scientifique rigoureuse, à confronter ses idées aux résultats, à accepter de les remettre en question et à produire des connaissances nouvelles. C’est aussi développer l’autonomie, l’esprit critique et la capacité à explorer de nouvelles pistes.

Ces compétences dépassent largement les laboratoires. Elles sont précieuses partout où il faut innover, résoudre des problèmes complexes ou inventer des solutions. C’est cette singularité que je souhaite faire reconnaître, notamment auprès des employeurs qui ne mesurent pas toujours la richesse des compétences développées pendant un doctorat.

En Bretagne, je souhaite créer des passerelles entre les étudiants, les doctorants, les établissements de recherche et les acteurs socio-économiques, pour montrer que les compétences acquises pendant un doctorat peuvent trouver leur place bien au-delà du monde académique.

Et si je devais transmettre un seul message aux étudiants qui hésitent à se lancer dans cette aventure, ce serait celui-ci : « N’attendez pas d’avoir toutes les réponses pour faire un doctorat. C’est justement parce que vous avez des questions que cette aventure peut commencer. »