Les activités des doctorants et des doctorantes pendant leur doctorat
Variété et cohérence
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Le doctorat est défini comme une formation « à et par la recherche ». Les doctorantes et les doctorants se forment d'abord en menant des travaux de recherche sur le sujet de leur thèse, ce qui comprend un ensemble diversifié d'activités : revue bibliographique, conception et réalisation d’expériences, d’enquêtes ou de simulations, analyse et mise à l’épreuve des résultats, publication et communication de ces résultats, ainsi que des échanges et des collaborations avec la communauté scientifique internationale.
Ils participent à la vie de leur laboratoire, de leur école doctorale, de leur collège doctoral et/ou de leur établissement et peuvent assumer des responsabilités au sein de ce collectif professionnel, par exemple en animant un « journal club », en organisant un cycle de séminaires, en étant représentant élu des doctorants au sein d’un conseil, etc.
Ils participent également à des formations doctorales proposées par leurs collèges doctoraux ou écoles doctorales, à des cycles de séminaires, à des activités pratiques ou à des mobilités qui renforcent leur culture scientifique, préparent leur devenir professionnel dans le secteur public ou privé et favorisent leur ouverture internationale.
Enfin, ils contribuent, (Ouvre une nouvelle fenêtre) comme les autres chercheurs, à la transmission des savoirs et aux liens entre la science et la société, notamment par des activités complémentaires d’enseignement, de valorisation de la recherche, d’expertise ou encore de médiation scientifique.
L’enseignement pendant le doctorat : une expérience formatrice
Pourquoi enseigner pendant son doctorat ?
S’engager dans des activités d’enseignement est une opportunité intéressante pour les doctorantes et doctorants de développer des compétences transversales utiles à leur future carrière. L’enseignement permet notamment de :
- Renforcer sa maîtrise disciplinaire : "Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément" (Nicolas Boileau). Enseigner amène à maîtriser solidement un champ disciplinaire bien plus large que celui du sujet de la thèse.
- Développer ses compétences : savoir synthétiser et transmettre des concepts avancés de manière accessible, prendre la parole en public et capter l'attention sont des compétences très précieuses pour l’enseignement et bien d'autres activités.
- Acquérir une expérience professionnelle valorisable : l'enseignement est souvent un critère déterminant pour les recrutements dans le milieu académique, mais peut aussi être valorisé dans d'autres secteurs (conseil, management...).
Quels types d'enseignements ?
Les doctorantes et les doctorants peuvent se voir confier des enseignements variés :
- Le plus fréquemment, des travaux pratiques et des travaux dirigés, mais aussi l'encadrement de projets d'étudiants, de mémoires, parfois des cours magistraux,
- en 1er cycle (L1, L2 le plus souvent), mais aussi parfois au niveau L3, master ou en école d'ingénieur,
- auprès d'étudiants en formation initiale ou continue,
- lors d'interventions dans des entreprises, pour des modules sur mesure (par ex. auprès de personnels de son employeur pour un doctorant ou une doctorante en CIFRE).
Comment ?
Plusieurs dispositifs permettent aux doctorantes et aux doctorants d'enseigner, en fonction de leur statut ou de leur projet professionnel.
Les missions complémentaires du contrat doctoral de droit public
Le cadre du (Ouvre une nouvelle fenêtre) contrat doctoral de droit public permet de compléter la mission de recherche de base du contrat par plusieurs missions complémentaires dont l'enseignement.
Le temps annuel pouvant être consacré à ces missions complémentaires ne peut excéder un sixième du temps de travail annuel, soit 32 jours de travail effectif ou 64 heures de travaux dirigés en présence des étudiants (plus la préparation, les examens, etc.).
Les activités complémentaires donnent lieu à un (Ouvre une nouvelle fenêtre) complément de rémunération dont le (Ouvre une nouvelle fenêtre) versement est mensualisé.
Il est possible de panacher plusieurs missions, par exemple : 32 heures "équivalent TD" d'enseignement et 16 jours de mission d'expertise.
L'enseignement peut être réalisé dans un autre établissement (une université, par exemple) que l'établissement employeur (un organisme de recherche, par exemple), mais cela doit être précisé dans une convention entre ces établissements.
Enseigner avec un contrat doctoral de droit privé ou une convention de séjour de recherche
Le cadre du contrat doctoral de droit privé (notamment en CIFRE) et celui de la convention de séjour de recherche permettent également aux doctorantes et aux doctorants de réaliser des activités complémentaires d'enseignement.
Pour le contrat doctoral de droit privé, cela doit être précisé dans le contrat de travail ainsi que dans la convention de collaboration entre l'employeur et l'établissement d'inscription.
Le statut d’ATER (Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche)
(Ouvre une nouvelle fenêtre) L’ATER est un contrat à temps plein (ou partiel) qui combine recherche et enseignement (à hauteur de 192 heures "équivalent travaux dirigés" devant étudiants par an pour un ATER à temps plein).
Il est généralement accessible après la soutenance de thèse, mais peut être proposé à des doctorants avancés, dont le directeur de thèse atteste que la thèse peut être soutenue dans un délai d'un an.
Ce statut permet une immersion complète dans le métier d’enseignant-chercheur et constitue une étape valorisable pour ceux qui visent une carrière académique.
Valorisation de la recherche : transformer ses résultats en actions pour la société
Qu’est-ce que la valorisation de la recherche ?
Les activités de valorisation de la recherche consistent à rendre les résultats de la recherche utilisables au sein de la société ou commercialisables.
La valorisation de la recherche fait partie intégrante des (Ouvre une nouvelle fenêtre) missions des enseignants-chercheurs et chercheurs, avec un (Ouvre une nouvelle fenêtre) cadre dédié.
Les doctorantes et les doctorants, comme les autres chercheurs, peuvent prendre part aux activités de valorisation de la recherche et en particulier de leurs propres travaux.
Les activités de valorisation peuvent prendre des formes très diverses telles que :
- Le dépôt d'un brevet pour préparer la commercialisation d'une (Ouvre une nouvelle fenêtre) innovation issue des résultats de la recherche (cf. (Ouvre une nouvelle fenêtre) mission FrenchTech) ou la création d'une entreprise*
- Une collaboration avec un partenaire et/ou une (Ouvre une nouvelle fenêtre) structure de diffusion de la recherche pour développer un prototype, une solution technique dans tous les domaines et secteurs d'activité de la société,
- La création d'une (Ouvre une nouvelle fenêtre) exposition, d'un dispositif muséographique, d'une œuvre d'art ou encore d'un (Ouvre une nouvelle fenêtre) parcours de découverte d'un ensemble patrimonial valorisant des résultats de recherche pour le grand public, avec un musée, un parc naturel, une collectivité territoriale, par exemple
- La création d'un dispositif valorisant les données de la recherche, dans le cadre de la " (Ouvre une nouvelle fenêtre) Science ouverte", par exemple pour informer, éclairer les débats publics (un baromètre, un simulateur, de la datavisualisation).
Pourquoi avoir des activités de valorisation pendant son doctorat ?
Les activités de valorisation, comme les activités d'enseignement, apportent aux doctorants des avantages concrets :
- Un levier de motivation : donner ses suites concrètes à ses travaux de recherche dans la société renforce l’engagement et donne un sens supplémentaire à la thèse,
- Développement de compétences recherchées : Écoute active et adaptabilité (comprendre les attentes d’interlocuteurs variés et y répondre de manière pertinente), approche "Design Thinking", sérendipité.
- Employabilité renforcée : la valorisation peut mener à la création de son propre emploi (création d’une entreprise) et donner une plus grande maturité pour la recherche d'emploi.
Comment se lancer ?
- Se former : La plupart des collèges doctoraux et des écoles doctorales proposent des modules sur la propriété intellectuelle, l’entrepreneuriat ou la valorisation de la recherche en général, par exemple des doctoriales.
- Se faire accompagner : Les structures de valorisation des établissements (ex. : PUI, SATT) peuvent accompagner les doctorants dans leurs projets.
- Expérimenter : les modules dédiés à la valorisation de la recherche proposés aux doctorants proposent souvent des temps de mise en situation ou de simulation. Et pour passer à l'étape suivante, les missions complémentaires permettent aux doctorantes et aux doctorants d'expérimenter la valorisation de la recherche.
Les missions complémentaires du contrat doctoral de droit public
Le cadre du (Ouvre une nouvelle fenêtre) contrat doctoral de droit public permet de compléter la mission de recherche de base du contrat par plusieurs missions complémentaires dont une mission de valorisation de la recherche.
Le temps annuel pouvant être consacré à ces missions complémentaires ne peut excéder un sixième du temps de travail annuel, soit 32 jours de travail effectif.
Les activités complémentaires donnent lieu à un (Ouvre une nouvelle fenêtre) complément de rémunération dont le (Ouvre une nouvelle fenêtre) versement est mensualisé.
Il est possible de panacher plusieurs missions, par exemple : 32 heures "équivalent TD" d'enseignement et 16 jours de mission de valorisation.
Cette activité de valorisation peut être réalisée dans un autre établissement que l'établissement employeur, mais cela doit être précisé dans une convention entre ces établissements.
Avec un contrat doctoral de droit privé
Le cadre du contrat doctoral de droit privé (notamment en CIFRE) a été conçu pour encourager la recherche partenariale ainsi que les activités de transfert et de valorisation. Les activités de valorisation de la recherche s'inscrivent donc naturellement dans ce cadre. Les questions de partage de la propriété intellectuelle et toutes les autres questions liées à la valorisation de la recherche sont traitées dans la convention de collaboration qui accompagne le contrat doctoral de droit privé.
Titre de séjour
En raison de contraintes liées à leurs titres de séjour, les étrangers non communautaires doivent attendre d'avoir soutenu pour pouvoir passer du projet de création d'entreprise à la création d'une entreprise en France.
Expertise et conseil : mettre ses connaissances et ses compétences en action
Qu’est-ce que le conseil et l’expertise pour un doctorant ou une doctorante ?
Les missions de conseil et d’expertise permettent aux doctorantes et doctorants de mettre les connaissances et compétences de haut niveau qu’elles et ils ont acquises pendant leur doctorat au service d’acteurs extérieurs à la recherche académique : entreprises, institutions publiques, collectivités, associations ou médias.
Ces activités consistent typiquement à :
- Comprendre les problématiques de ces acteurs,
- Apporter un éclairage scientifique sur ces problématiques. Il ne s'agit pas de faire de la recherche, mais de faire le point sur l'état des connaissances scientifiques à l'échelle internationale sur ces questions,
- Faciliter la prise de décision en fournissant des avis argumentés, des études ou des rapports techniques.
Comme pour la valorisation, ces missions s’inscrivent dans une logique de liens entre la science et la société, mais sur un plan différent. Ce sont les connaissances et les compétences qui sont mobilisées, et non les résultats de la recherche.
Des formes diversifiées de conseil et d’expertise
Les activités de conseil et d’expertise peuvent prendre des formes diverses, notamment :
- Rédaction de notes de veille scientifique,
- Réalisation de rapports d’expertise pour des institutions publiques, des collectivités territoriales, des entreprises (ex. : évaluation de politiques publiques, analyse de risques, études de faisabilité),
- Participation à des commissions ou groupes de travail (ex. : comités éthiques, groupes de réflexion sur des enjeux sociétaux, comités d'évaluation),
- Intervention pour des médias (presse, radio, télévision) pour éclairer des débats ou décrypter des enjeux complexes,
Comment mener des activités de conseil et d'expertise pendant le doctorat ?
La première condition est d'être identifié comme expert. Certaines universités, certains établissements et organismes de recherche ou d'autres acteurs comme des associations de doctorants ont mis en place des structures pour faciliter l'accès du tissu socio-économique de leur territoire aux compétences de leurs doctorantes et doctorants (par exemple, (Ouvre une nouvelle fenêtre) cabinet de conseil (Consulid) à l'université de Lille).
Les missions complémentaires du contrat doctoral de droit public
Le cadre du (Ouvre une nouvelle fenêtre) contrat doctoral de droit public permet de compléter la mission de recherche de base du contrat par plusieurs missions complémentaires dont une mission de conseil ou d'expertise.
Le temps annuel pouvant être consacré à ces missions complémentaires ne peut excéder un sixième du temps de travail annuel, soit 32 jours de travail effectif.
Les activités complémentaires donnent lieu à un (Ouvre une nouvelle fenêtre) complément de rémunération dont le (Ouvre une nouvelle fenêtre) versement est mensualisé.
Il est possible de panacher plusieurs missions, par exemple : 32 heures "équivalent TD" d'enseignement et 16 jours de mission de conseil ou d'expertise.
Cette activité de conseil ou d'expertise peut être réalisée dans un autre établissement que l'établissement employeur, mais cela doit être précisé dans une convention entre ces établissements.
Avec un contrat doctoral de droit privé
Le cadre du contrat doctoral de droit privé (notamment en CIFRE) a été conçu pour encourager la recherche partenariale et plus largement l'ensemble des activités permettant de donner des suites aux travaux de recherche dans la société.
Les activités de conseil et d'expertise du doctorant ou de la doctorante au bénéfice de son employeur s'inscrivent donc naturellement dans ce cadre.
La médiation scientifique : rapprocher recherche et société
Qu’est-ce que la médiation scientifique ?
La médiation scientifique consiste à rendre accessible la recherche à des publics non-spécialistes : enfants, adolescents, adultes curieux... Il s’agit de partager ses connaissances, ses méthodes et ses résultats de manière claire, engageante et adaptée, en évitant le jargon technique.
Pourquoi faire de la médiation pendant son doctorat ?
S’engager dans la médiation scientifique offre de nombreux avantages, tant pour le doctorant que pour le public :
- Contribuer au lien science-société : Avec la médiation scientifique, les doctorantes et les doctorants participent à la diffusion de la culture scientifique, suscitent des vocations et donnent envie de faire de la recherche, ils rapprochent aussi la science des citoyens et contribuent à l’image de la recherche dans la société,
- Prendre du recul : partager ses recherches avec un public non initié permet de clarifier ses idées en identifiant les points essentiels, de changer de regard sur ses propres travaux et, souvent, de leur trouver un sens nouveau.
- Développer des compétences : La médiation améliore la capacité à interagir avec le public, à communiquer, à synthétiser et à adapter son discours, des atouts précieux pour la suite de sa carrière. Les actions de médiation peuvent être valorisées sur votre CV.
- S’ouvrir à de nouvelles expériences : Participer à des événements de médiation est souvent une source de motivation et de plaisir, offrant une pause bienvenue dans le travail de thèse.
Pour vous convaincre, vous pouvez consulter une (Ouvre une nouvelle fenêtre) thèse de doctorat portant sur les effets de la médiation scientifique sur les chercheurs.
Comment se lancer ?
- Se former : La plupart des collèges doctoraux et des écoles doctorales proposent des modules de formation à la médiation scientifique destinés aux doctorants. Il existe même des formations sur mesure pour vous préparer aux actions de médiation scientifique soutenues par votre université ou votre établissement,
- Participer aux actions de votre université ou de votre établissement : La médiation scientifique faisant partie des missions de service public des universités et établissements d'enseignement supérieur, votre université ou votre établissement organise généralement des actions auxquelles vous pouvez participer (Festival " (Ouvre une nouvelle fenêtre) Les fêtes de la science", (Ouvre une nouvelle fenêtre) Science en Bulles, (Ouvre une nouvelle fenêtre) Ma thèse en 180 secondes, ateliers en milieu scolaire, conférences grand public, ou encore publications dans des revues de vulgarisation),
- Rejoindre d'autres initiatives de médiation : Des programmes comme (Ouvre une nouvelle fenêtre) La main à la pâte, (Ouvre une nouvelle fenêtre) Pint of Science, (Ouvre une nouvelle fenêtre) Déclics, ou le (Ouvre une nouvelle fenêtre) Congrès Scientifique des Enfants permettent de s’impliquer sans préparation lourde, avec un accompagnement adapté.
Les missions complémentaires du contrat doctoral de droit public
Le cadre du (Ouvre une nouvelle fenêtre) contrat doctoral de droit public permet de compléter la mission de recherche de base du contrat par plusieurs missions complémentaires dont une mission de médiation scientifique.
Le temps annuel pouvant être consacré à ces missions complémentaires ne peut excéder un sixième du temps de travail annuel, soit 32 jours de travail effectif.
Les activités complémentaires donnent lieu à un (Ouvre une nouvelle fenêtre) complément de rémunération dont le (Ouvre une nouvelle fenêtre) versement est mensualisé.
Il est possible de panacher plusieurs missions, par exemple : 32 heures "équivalent TD" d'enseignement et 16 jours de mission de médiation scientifique.
Cette activité de médiation scientifique peut être réalisée dans un autre établissement que l'établissement employeur (cité des sciences, muséum, par exemple), mais cela doit être précisé dans une convention entre ces établissements.
Avec un contrat doctoral de droit privé
Le contrat doctoral de droit privé permet également d'engager des activités complémentaires de médiation, à discuter avec son employeur.