Hervé Boutin
Ambassadeur du doctorat en Centre Val de Loire, docteur en Biologie, Hervé Boutin est aujourd'hui directeur de Recherche à l'INSERM dans le laboratoire iBraiN à l'Université de Tours.
RÉPUBLIQUE
FRANÇAISE
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De la définition du sujet de recherche à la poursuite de carrière
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Ambassadeur du doctorat en Centre Val de Loire, docteur en Biologie, Hervé Boutin est aujourd'hui directeur de Recherche à l'INSERM dans le laboratoire iBraiN à l'Université de Tours.
Mes travaux de recherche en doctorat se sont déroulés au centre Cycéron à Caen - centre d’imagerie par tomographie à émission de positons (TEP) - dans le cadre du contrat industrie-Région et portaient sur les changements induits par les AVC sur les densités des différents types de récepteurs opiodergiques.
Après mon doctorat, j’ai réalisé un premier post-doctorat à l’université de Manchester (Royaume-Uni) pendant 3 ans et demi, qui portait sur la neuro-inflammation, domaine émergent au début des années 2000.
La combinaison des expertises que j’avais acquises pendant mon doctorat et mon premier post-doc m’a permis d’être recruté pour un 2nd post-doc au Service Hospitalier Frédéric Joliot (SHFJ)-CEA d’Orsay. J’y suis resté 3 ans et demi pendant lesquels j’ai eu l’opportunité de découvrir la recherche au sein de l’industrie pharmaceutique puisque ce projet était financé par Aventis Pharma (maintenant Sanofi).
En 2006, l’université de Manchester m’a proposé de revenir afin de prendre en charge l’imagerie préclinique (chez l’animal) dans le tout nouveau centre d’imagerie TEP inauguré en 2005. J’y ai mené pendant 17 ans mes recherches en me focalisant sur la validation de radiotraceurs TEP et leur utilisation pour mieux comprendre les maladies neurodégénératives.
En 2012, j’ai obtenu un poste permanent de chercheur indépendant et j’ai obtenu plusieurs financements européens et anglais majeurs en tant qu’investigateur principal ou co-investigateur. J’ai également étendu mes approches de neuro-imagerie en collaborant avec des collègues experts en imagerie par résonance magnétique (IRM) et en tomographie simple photon (SPECT).
Durant ces années, j’ai renforcé mon réseau de collaborateurs, principalement en Europe, et c’est via ce réseau qu’il m’a été proposé de postuler au concours de Directeur de recherche Inserm dans le laboratoire iBraiN à Tours. Mes recherches actuelles sont en parfaite continuité avec celles que je menais précédemment et qui étaient déjà également le corps d’activité du groupe d’imagerie moléculaire d’iBraiN, rendant de fait logique mon intégration à la tête de ce groupe.
Ma carrière s’est construite sur des opportunités, des choix, des stratégies, bonnes et moins bonnes, des embûches, etc.
Je voudrais donc, premièrement, utiliser mon rôle d’ambassadeur du doctorat pour aider de jeunes doctorant(e)s et docteurs, de jeunes chercheurs et chercheuses, futurs leaders de la recherche et de l’innovation en partageant mes expériences et celles de collègues, en les conseillant sur les possibilités et opportunités de carrière, les pièges à éviter, les choix qui s’offrent à eux, afin de, je l’espère, leur éviter certains écueils.
Deuxièmement, je souhaite promouvoir, auprès des entreprises, les qualités requises et compétences acquises par ces docteurs pour obtenir leur doctorat. Au-delà de leur domaine d’expertise, souvent très pointu, les docteurs ont avant tout acquis des compétences globales qu’ils ignorent parfois eux-mêmes avoir : leur capacité analytique du problème dans son ensemble, leurs capacités de réflexion et de conceptualisation des questions auxquelles il faudra répondre pour résoudre ce problème, les moyens à mettre en œuvre pour répondre à ces questions et enfin une capacité à implémenter un ensemble de réponses individuelles en une solution intégrée et pragmatique.
Toutes ces qualités sont trop fréquemment mal mises en valeur dans les CV de jeunes docteurs qui se focalisent souvent sur leur domaine d’expertise. Et, de fait, leurs compétences plus globales citées ci-dessus sont en retour peu connues ou reconnues par les entreprises. Finalement, les deux protagonistes y perdent à ne pas mieux se connaitre ; j’aimerais contribuer à ce que cela change.